Notre nouvelle vie en France
- adeepbreathoffrenc
- Dec 8, 2025
- 4 min read
Bonjour à toutes et tous,
Vous avez été nombreux à m’écrire pour me demander de mes nouvelles et ça m’a fait très chaud au cœur de voir que beaucoup parmi vous voudraient que l’on reste en contact même si le décalage horaire ne nous permet plus de continuer les cours. Alors pour répondre aux demandes, j’ai décidé de donner vie à la page blog du site internet pour vous tenir au courant des nouvelles étapes de notre vie, de notre réadaptation à la vie française, et bien sûr de nos projets.
Certains d’entre vous le savent déjà, c’est moi qui ai commencé à élaborer le projet de rentrer en France, en début d’année. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ma famille n’a pas vu d’un très bon œil ce qu’ils pensaient n’être au début qu’une énième lubie de ma part. Et je dois reconnaître que je ne me serais peut-être jamais posé la question de revenir sans les changements politiques profonds qui ont transformé le paysage politique des U.S depuis janvier dernier, mais bien sûr ce n’était que la partie immergée de l’iceberg !
Tout a vraiment commencé quand j’ai commencé à parcourir les sites internet d’agences immobilières. Après avoir vécu huit ans seuls à l’autre bout du monde, il était évident que vivre trop près de nos familles n’était pas une option envisageable ! Alors j’ai orienté ma recherche vers des régions de France que nous ne connaissions pas ; et j’ai repéré une magnifique longère entièrement restaurée, avec une belle piscine, un immense terrain arboré ainsi que des dépendances déjà aménagées, parfaites pour accueillir des étudiants lors de séjours d’immersion. Le tout pour une bouchée de pain ! J’aurais signé tout de suite si la maison n’avait pas été située dans un village très isolé du Gers. En soi, l’isolement ne m’effraie pas, et mon mari était lui aussi disposé à télétravailler, mais notre vie quotidienne aurait été rythmée par tous les allers-retours nécessaires à la scolarité et à la vie sociale des enfants. Le collège et le lycée les plus proches se trouvaient à plus de 45 minutes de route, et aucun de nos enfants n’est encore autonome. Les activités extrascolaires semblaient extrêmement limitées, sans parler des clubs d’escrime, inexistants dans la région. L’autre gros bémol était qu’au printemps nous n’avions pas la disponibilité de rentrer en France pour visiter les lieux, et comme il fallait s’y attendre, à ce prix-là, la maison n’est pas restée longtemps sur le marché. La mort dans l’âme, j’ai dû me résigner, ce n’était pas la maison de mes rêves !
J’ai continué à prospecter, mais tout me ramenait toujours à cette maison : la forme, la disposition des bâtiments, le grand terrain… et surtout, une étrange impression de familiarité. Il m’a fallu plusieurs semaines pour me rendre compte que cette maison ressemblait presque en tous points à la propriété des grands-parents de mon mari, le confort moderne en moins ! Les grands-parents de mon mari étant tous les deux décédés durant le Covid, c’est mon beau-père qui en est l’actuel propriétaire. Son frère y vit seul, mais il n’en occupe et n’en entretient qu’une infime partie. Elle se détériore donc progressivement et, malgré mes réticences à habiter à moins de cinq kilomètres de notre famille, il nous a semblé que ce serait l’endroit idéal pour nous installer et redonner une seconde vie à cette bâtisse, d’autant qu’elle disposait de tout l’espace propice à l’accueil d’étudiants puisque sur la propriété deux gîtes ont déjà été aménagés. Il nous suffirait de nous installer dans le plus grand pendant la durée des travaux de rénovation de l’habitation principale, et le tour serait joué !
Le lieu où habiter : fait ✅ !
Le second élément à prendre en considération était la scolarité des enfants. A Phoenix, notre fils était Junior dans son lycée, et il était évident que si nous attentions qu’il termine le lycée aux Etats-Unis avant de rentrer, il voudrait y poursuivre ses études. De la même manière, si l’on décidait d’attendre deux ans qu’il finisse le lycée à Phoenix, notre fille se serait alors retrouvée dans la même situation et, par souci d’offrir les mêmes opportunités à l’un qu’à l’autre, nous aurions dû patienter encore deux ans avant qu’elle aussi ne termine le lycée. Autant dire que nous ne serions jamais rentrés ! A l’inverse, si nous choisissions de rentrer tout de suite, non seulement notre fille reprenait en dernière année de collège, mais surtout notre fils avait l’opportunité de réintégrer un lycée au même niveau, ce qui lui laissait les deux années nécessaires à la préparation du diplôme de fin de lycée : le fameux et tant redouté baccalauréat !
Afin de déterminer dans quelle classe les enfants pourraient réintégrer le système français, nous avons dû leur faire passer des tests de niveau, en juin, dès le deuxième jour de nos vacances ! Ils ont passé des épreuves basiques en français et en maths, qu’ils ont réussies malgré un faible niveau en orthographe et les effets du décalage horaire (les deux n’étant malheureusement pas liés !) Nous avons ensuite pu les inscrire dans leurs écoles respectives. Notre fille a été affectée au collège local, mais il nous semblait intéressant qu’après avoir fait l’essentiel de sa scolarité dans le système éducatif américain, notre fils puisse continuer à pratiquer son anglais à un niveau avancé. Nous avons donc choisi une section internationale, proposée non pas dans le lycée de secteur, mais dans un lycée d’Orléans, la plus proche grande ville qui se situe à 20km, mais 40 minutes de route… Et oui, on découvre la joie de vivre dans la campagne.
La scolarisation des enfants : fait ✅ !
Nous avons largement profité de notre séjour en France. Pour autant, malgré l’impatience et l’appréhension grandissantes des enfants, notre décision n’était pas encore définitive. Il nous restait une inconnue à élucider : le contrat de travail de mon mari. Toutes les garanties de poste et de salaires sont arrivées à notre retour de France, et le 14 juillet nous avons annoncé à nos familles : « C’est officiel, on rentre ! »
Le boulot, fait ✅ !
Toutes les planètes étaient alignées… enfin ça, c’est ce qu’on croyait !

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